Sacrifice de la recherche française : Une faute historique du gouvernement

Dans l’histoire des grandes civilisations, ce sont bien souvent à des décisions précises, des choix particuliers, que l’on peut rattacher le début de la décadence finale qui conduit à leur chute. Le 18 mai dernier, le Gouvernement annulait purement et simplement 256 millions d’euros de crédits consacrés à la recherche, mettant ainsi en péril des organismes de tout premier plan, à la pointe des travaux. Dans la même journée, hasard du calendrier, l’Etat fédéral allemand présentait une hausse de 75% de son budget recherche et développement sur les 10 dernières années. Si « les coïncidences sont le moyen pour Dieu de rester anonyme », comme l’imaginait Albert Einstein, ce hasard-là est plus parlant que n’importe quelle comparaison. D’un côté, une Allemagne parfaitement consciente de l’enjeu que représente la recherche pour l’avenir, dans des domaines aussi essentiels et économiquement porteurs que la microélectronique, la robotique, les nano-technologies ou encore la santé. De l’autre, un gouvernement français incapable de faire preuve de vision ou de faire respecter l’ordre sur son territoire. Obsédé par le court-terme, et capable de commettre de telles fautes politiques et stratégiques alors même que la compétition internationale de la Recherche et du Développement bat son plein. Adieu pôles d’excellence, innovation et leadership dans les segments de l’avenir ! De prestigieux chercheurs ont su faire part avec beaucoup de justesse de leur préoccupation fondamentale, et n’ont reçu pour seule réponse qu’une défense maladroite et gênée d’une Ministre qui ne connaît pas son sujet. La recherche est, en soi, un facteur de progrès et de grandeur. La recherche sauve des vies, découvre ce qui paraissait impensable, invente ce qui fera demain. Avec une telle décision, le Gouvernement démontre une fois de plus son incapacité à se hisser au niveau que les Français attendent. Gageons qu’ils sauront s’en souvenir.