Obstination et Amateurisme sont les deux mamelles du gouvernement socialiste ! #LaCriseAgricole n’est pas due à l’Europe

Le Salon de l’Agriculture a vu le Président de la République sifflé par les agriculteurs. Stéphane LE FOLL, toute honte bue, a jugé ceci “pas acceptable”. Le Premier ministre, Manuel VALLS, demandait quant à lui à la Commission européenne de “prendre ses responsabilités”. Ces déclarations pourraient prêter à rire, tant elles sont en décalage avec la réalité, si la situation de nos agriculteurs n’était pas si dramatique et ce depuis déjà trop longtemps.

Il serait trop fastidieux de rappeler ici les errements de l’exécutif actuel en matière agricole. Mais quelques éléments doivent être remémorés afin de rétablir une vérité désagréable à nos ministres : la crise agricole est très largement le résultat de la politique gouvernementale, ou plutôt de l’absence de politique gouvernementale

Premier rappel, la politique agricole commune, portée par le général DE GAULLE, sauvée par Jacques CHIRAC, pérennisée par Nicolas SARKOZY, a vu son budget baisser pour la première fois sous la présidence de François HOLLANDE (-3% pour les montants dévolus à la France). On reprochait d’ailleurs à Nicolas SARKOZY d’être omniprésent, mais aujourd’hui François HOLLANDE est totalement inaudible à Bruxelles et la France n’y a plus de poids, ne défend plus ses intérêts auprès des instances européennes. Stéphane LE FOLL n’a participé qu’à seulement six des 10 conseils des ministres de l’agriculture à Bruxelles. C’est bien lui, absent de 40% des conseils, qui n’a pas pris la mesure de la crise agricole.

Cette baisse du budget agricole européen aurait pu être excusée si sa redistribution aux agriculteurs français s’était faite dans des conditions efficaces. Las, à l’heure actuelle les aides directes de 2015 n’ont pas été notifiées. Si rien n’est fait rapidement ce sont 7 milliards d’euros qui pourraient retrouver le chemin de Bruxelles.

Qui plus est, le gouvernement laisse à penser que la responsabilité de la crise est à Bruxelles. Mais avec une augmentation de 5,7% des exportations de produits agricoles européens, fustiger l’Union européenne devient un exercice compliqué, à la limite de la mauvaise foi. Et souvenons-nous que les décisions européennes s’appliquent à tous les agriculteurs européens. Il faudra alors expliquer pourquoi le revenu d’un agriculteur allemand a progressé de 12 points de plus que celui d’un français depuis 2005.

En pointant du doigt une politique agricole commune qui serait libérale et productiviste (comprenne qui pourra), l’exécutif français tente d’échapper à ses responsabilités. Quand tous nos partenaires européens accompagnent leurs agriculteurs dans des réformes structurelles, la France reste l’arme au pied. A l’exemple de ce fonds européen pour le stockage de la viande de porc et du lait. Alors qu’Espagne et Allemagne affichent respectivement 21 et 29% d’utilisation, la France affiche un piteux 2.6%. L’agriculture française souffre en fait d’un manque criant de compétitivité. Sans une remise à plat globale, sans réformes structurelles profondes, elle est condamnée à subir encore et toujours les soubresauts de la demande mondiale. Son avenir passe par l’indispensable modernisation et structuration des filières en réunissant les agriculteurs, l’industrie alimentaire, la grande distribution voire les consommateurs autour d’une même table. Car les français ont aussi une part de responsabilité et doivent être prêts à consommer différemment.

Notre agriculture a deux boulets aux pieds et le gouvernement refuse de s’en défaire. Les charges sociales et fiscales, écrasantes pour la majorité des Français, le sont tout spécialement pour nos agriculteurs. L’annonce récente de François Hollande de diminuer les charges sociales des agriculteurs va dans le bon sens mais n’est pas suffisante, les charges françaises restant malgré tout au-dessus de la moyenne européenne. Ensuite, la sur-transposition des normes européennes. Aux règles édictées par l’Union européenne nous ajoutons toujours plus de bureaucratie quand nos partenaires font le choix de la norme la moins contraignante. Nous avons par exemple durcit les règles de mise aux normes des bâtiments d’élevage à l’inverse de nos voisins allemands. Raisons pour lesquelles la valeur ajoutée de l’agriculture a augmenté de 5 milliards d’euros en Allemagne quand elle baissait d’un milliard en France ces cinq dernières années.

La responsabilité de la crise actuelle est donc française et l’exécutif ne montre toujours pas de volonté de prendre réellement le problème à bras le corps. Cela reviendrait à reconnaitre l’inanité de sa politique depuis 2012. Alors, le pompier gouvernemental semble penser que les agriculteurs oublieront l’incendie qui ravage leur secteur en pointant du doigt le gendarme européen. Mais ceci n’est “pas acceptable” monsieur LE FOLL, il est au contraire urgent pour le gouvernement “de prendre ses responsabilités” monsieur le Premier ministre. La situation est d’une extrême gravité et mérite de s’y pencher avec un peu plus de sérieux. Comme l’a souligné Christian JACOB, lui-même éleveur de profession, ces hués ne sont pas seulement des cris de colère mais des cris de douleur d’agriculteurs à l’agonie ! Nos agriculteurs ont donc raison de crier sur ce pouvoir socialiste qui a le toupet de leur demander de souffrir en silence.