Un avenir radieux pour la droite française

Un avenir radieux pour la droite française

Au terme d’un quinquennat qui restera dans l’Histoire comme le pire de la Vème République, l’élection présidentielle du mois de mai et les élections législatives de juin semblaient acquises à notre cause. Il n’en fût rien. Après une primaire réussie, nous nous sommes laissés voler notre victoire par un manque de courage collectif.

La droite, et tout particulièrement son candidat, se sont laissés empêtrer dans des affaires financières. Par ailleurs, nous nous sommes montrés incapables de modifier notre programme et de relancer la campagne pour convaincre une majorité de Français. La campagne présidentielle menée par notre candidat ne s’est pas adressée à l’ensemble de notre électorat et la radicalisation des propos ainsi que la radicalité des propositions nous ont coupé des classes populaires alimentant de fait le « dégagisme ».

Ainsi, l’impossible, l’impensable, l’invraisemblable est arrivé. Ainsi, la droite française a perdu l’imperdable. Ainsi, la droite française a déçu des millions de Français. Ainsi la droite française a vu près de la moitié de ses parlementaires balayés par des marcheurs inconnus aux élections législatives. Ainsi, tout le travail de reconstruction amorcé par le Président Sarkozy à la tête de notre famille politique est parti en fumé. Ainsi, la France a-t-elle été confiée à des amateurs ou des professionnels…? L’avenir nous le dira !

Le nouveau Président de la République, en devenant un des plus jeunes dirigeants de l’Histoire, a réussi un formidable coup politique et médiatique. Mieux que d’autres, il a senti ce besoin de renouvellement et de nouveauté. Aujourd’hui, je souhaite sa réussite car ce sera avant tout celle de la France.

Il est de coutume de dire que les 100 premiers jours sont essentiels. Dès lors qu’en est-il ?

Emmanuel Macron a incontestablement amélioré l’image de la France dans le monde. Il a aussi sauvé l’Europe en renouant le dialogue avec l’Allemagne et en évitant la crise d’une victoire du Front national.

En France ses résultats sont plus mitigés. Le limogeage des Chef d’Etat-major des Armées a été vécu par de nombreux Français comme une volonté d’humilier un grand général qui a tout donné à sa patrie. La majorité à l’Assemblée nationale est chaotique et déjà 4 ministres ont dû démissionner suite à des soupçons d’emplois fictifs. Quant à la loi de moralisation de la vie politique, elle n’a pas rétabli la confiance tant désirée.

La classe politique française est sortie bouleversée de ce combat électoral. L’extrême droite est totalement divisée, les socialistes ont été balayés et les communistes ont été remplacés par les insoumis, ce nouveau front national, populistes et contre tout. Les verts ont disparu et les marcheurs créent leur parti pour se présenter à toutes les élections.

Et la droite dans tout ça ?

La droite est sonnée, meurtrie, martyrisée, mais elle est là, debout !

En plein renouvellement, en plein bouleversement, en pleine remise en question, nous demeurons riches de notre implantation avec nos Mairies, nos Départements et nos Régions. Nos élus sont connus, reconnus et expérimentés. Nous l’avons vu à l’occasion des élections législatives. La doxa nous avait promis une disparition programmée après juin. Grâce à la mobilisation de l’ensemble de nos candidats derrière François Baroin nous avons mieux résisté que prévu.

Pour nous reconstruire, pour regagner la confiance des Français et pour incarner à nouveau une espérance pour la France, il ne faudra se tromper ni de discours ni de méthode. Membre fondateur de l’UMP et des Républicains, je prendrai toute ma part à cette reconstruction en étant pragmatique et positif.

La droite et le centre doivent se réformer, se moderniser, s’adapter aux enjeux et aux codes de cette nouvelle ère.

J’entends, çà et là, la création de chapelles, de clochers, de rentrées qui n’en sont pas… J’entends qu’il faut plus de démocratie, plus de ceci, davantage de cela… Tout cela est sûrement vrai mais l’essentiel n’est pas là.

J’ai des amis dans les différents courants de la droite française et ils n’ont rien d’incompatibles. Ne nous laissons pas enfermer dans un débat stérile entre les constructifs et les partisans d’une opposition systématique.

Soutenons les mesures permettant à la France de se moderniser. Combattons les autres. Analysons les réformes au cas par cas, sans posture ni idéologie, en espérant qu’elles soient profondes et permettent à notre pays de réussir. Pour ce faire, je fais pleinement confiance, à l’expérience, la sagesse et le sens de l’Etat de Christian Jacob et Gérard Larcher.

L’essentiel, pour nous, est de bâtir un projet d’avenir sur une ligne politique claire. Notre parti politique ne peut pas être un simple QG de campagne pour le candidat de la droite en 2022 ! Il doit devenir l’agora du XXIème siècle où la controverse et le débat seront libres sans jamais venir altérer notre unité. La droite est intrinsèquement multiple. C’est en laissant chacun s’exprimer qu’un leader naturel s’imposera. Et je veux à cette occasion remercier Bernard Accoyer du travail qu’il a accompli ces derniers mois pour préserver les fondations de notre famille politique.

Nous avons, face à nous, trois échéances majeures. Les élections internes, européennes et municipales.

Nous devons donc, dores et déjà, réfléchir aux projets que nous proposerons à nos électeurs pour l’Europe et pour la France. Clarifier notre position sur l’Europe, en finir avec cette folie franco-française de la sur-transposition des normes européennes. Si les grands navires de plaisance quittent peu à peu nos ports au profit de l’Italie et de l’Espagne c’est parce que la France a imposé plus de normes et de taxes que l’Europe ne le demandait. Défendre le principe d’une Europe de la défense, d’une fiscalité harmonisée et d’un contrôle des frontières pour maitriser les flux migratoires. Construire une Europe de la proximité, celle des projets et non plus des masses budgétaires hors sol.

L’Europe qui me permet, en tant que Président de Région, de capter plus de 2 milliards d’€ de fonds européens en 5 ans en Provence-Alpes-Côte-D’azur pour financer les projets de nos territoires qu’ils soient urbains ou ruraux.

L’Europe qui me permet, en tant que Député européen, d’imposer aux navires étrangers de battre pavillon français sur nos eaux territoriales et ainsi de créer des emplois en France.

Inventons les villes et les villages de demain. Des villes et villages connectés où le numérique permettra d’en finir avec ces injustices d’accessibilité et de déplacement. Où les services publics seront maintenus et adaptés à chaque territoire. Où l’école de la République permettra à nouveau de garantir l’égalité des chances à chaque enfant de France. Nous sommes riches de nos 36 000 communes. Nous devons penser les modes de déplacements urbains et ruraux de demain.

Pour ce faire, soyons les artisans d’une droite patriote sans jamais se recroqueviller sur elle-même. D’une droite humaniste et profondément européenne qui ne renonce à rien sur l’autorité de l’Etat, la lutte contre le communautarisme et l’islamisme sans jamais tomber dans la compromission avec le Front national.

En même temps, selon l’expression consacrée, nous devons adapter notre discours aux enjeux du XXIème siècle. Ne laissons à personne le monopole de l’écologie et du social.

L’écologie politique et idéologique n’incitera jamais les citoyens à préserver notre bien commun. Les accords sur le climat de la COP 21 sont une formidable chance pour nos territoires. Ils doivent nous permettre de développer une nouvelle économie. Celle de la croissance verte.

Le discours archaïque et les coups de mentons de ceux qui n’ont pas abandonné cette vieille lune de la lutte des classes ne protègera jamais les salariés des risques nouveaux auxquels ils sont confrontés.

Tout comme le discours haineux de ceux qui ont un fil de fer barbelé pour seule pensée politique n’empêchera jamais les islamistes de s’en prendre à nos enfants et à notre fureur de vivre libres.

Notre parti, après sa reconstruction, devra parler à tous les Français. De l’agriculteur qui croule sous la lourdeur administrative d’un appareil d’Etat dépassé, au chef d’entreprise souffrant de normes trop rigides et de charges trop importantes. Du start-upeur qui a la culture du risque, aux classes populaires dont les emplois sont menacés.

Redonner espoir, préserver notre modèle social en le modernisant, insuffler un vent de liberté et un climat de confiance dans notre économie pour créer des emplois.

Il ne suffit pas de dire à la France qui souffre, à l’ouvrier dont l’usine risque de fermer ou au travailleur pauvre dans l’incapacité de payer les études de ses enfants : « Dans 10 ans notre pays sera numérique et que tout ira bien ». Je refuse de sacrifier une génération toute entière sur l’autel du réformisme et de la pseudo-modernité.

Fidèles à nos valeurs, nous renouerons avec les victoires électorales en adressant un message d’espoir au peuple français et en levant toute ambiguïté sur nos propositions. Nous sommes aux responsabilités dans de nombreuses collectivités. A nous d’être crédibles, efficaces et performants pour prouver, à ceux qui doutent, à ceux qui souffrent, que la droite peut réussir et être une alternative.

C’est pour toutes ces raisons que, malgré une annus horibilis en 2017, la droite française a un avenir radieux devant elle si elle s’occupe de la France et pas seulement d’elle-même.

 

Retrouvez ici la tribune parue dans le JDD: http://www.lejdd.fr/politique/renaud-muselier-la-droite-est-sonnee-mais-debout-3419681.amp

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