Génocide arménien : cent ans après, le silence s'estompe

Le 24 avril 1915, il y a près d’un siècle, débutait un funeste processus de déportation et de massacre des populations arméniennes vivant sur le territoire turc de l’Empire ottoman. C’est le déclenchement du premier génocide du XXe siècle, le Hayots Tseghaspanoutyoun, qui conduira à la mort d’environ un million deux cent mille arméniens.

Cent ans après, le silence commence seulement à laisser place à la vérité. Vingt-et-un parlements, dont le parlement français, reconnaissent l’horreur de ce massacre concerté et dirigé contre une ethnie. Le Pape François lui-même, au cours d’une messe concélébrée avec le patriarche arménien, a voulu rappeler l’existence factuelle, historique, d’un véritable génocide des populations arméniennes entre 1915 et 1923.

Hier, au Parlement européen, nous avons nous aussi solennellement appelé à une reconnaissance mondiale du génocide arménien. Comme le rappelait la Vice-Présidente de la Commission européenne Kristalina Georgieva, le temps du déni est révolu ! Le silence coupable qui a trop longtemps prévalu arrive à son terme. Ce progrès ne constitue en rien un affront contre la Turquie contemporaine. Au contraire, la réconciliation doit être une priorité pour tous, et seule la vérité permettra d’y aboutir.

Pour conclure sur ce douloureux mais essentiel sujet, je voudrais citer l’immense Joseph Kessel. Quelques années avant sa mort, il affirmait déjà :

« Dans l’horreur de la Première Guerre mondiale, la tragédie arménienne de 1915 a soulevé en moi une profonde émotion. Le mot génocide n’avait pas encore cours à cette époque, mais j’ai senti alors tout ce qu’il a signifié plus tard. »

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