Attaques d’Erdogan contre l’Europe: "Trop c’est trop, il faut sanctionner la Turquie !"

Attaques d’Erdogan contre l’Europe: "Trop c’est trop, il faut sanctionner la Turquie !"

Tribune

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16 avril 2017, un point de non-retour est franchi dans le destin européen de la Turquie.
Si comme l’affirme le Président Recep Tayyip Erdogan, la victoire du « oui » au référendum visant à lui attribuer des pouvoirs sans précédent est historique pour la Turquie, celle-ci a plus un goût de défaite qu’autre chose. En effet, ce bouleversement signe, au moins provisoirement, l’arrêt de mort de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Plus qu’un simple vote, une rupture avec les valeurs européennes.
Alors que depuis plusieurs mois, sur fond de populisme, le nouveau Calife Erdogan multiplie impunément les attaques contre l’Union européenne, ce plébiscite autocratique est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : attribution des pleins pouvoirs, refus d’une intervention du Conseil de l’Europe dans le processus de vérification de la probité du référendum, proposition de retour à la peine de mort.

La Turquie n’est pas en position de contraindre l’Europe.
La Turquie n’a pas à menacer l’Europe de rompre notre accord si important sur les réfugiés. Le Président turc n’a pas à utiliser l’Europe comme un terrain de campagne pour son référendum personnel. Et aucun dirigeant digne de ce nom ne peut qualifier ses homologues de nazis pour quelque raison que ce soit. Certes, il s’agit d’un partenaire essentiel pour l’Union européenne. Mais il est inenvisageable que ce partenariat puisse perdurer dans telles conditions.

Monsieur Erdogan souhaite une rupture, offrons-la-lui.
L’Europe doit maintenant apporter une réponse forte aux menaces turques. Et cette réponse ne passera que par la suppression, jusqu’à nouvel ordre, de l’instrument d’aide à la préadhésion dont l’Etat turc bénéficie et auquel notre pays contribue. Car il est inimaginable que les contribuables européens déboursent les 4,5 Milliards d’euros programmés d’ici à 2020, pour un pays qui ne possède manifestement plus le désir, ni la capacité, d’intégrer notre continent et ses valeurs. Et en l’absence d’une réponse forte de l’Allemagne, premier destinataire de la diaspora turque en Europe, c’est à la France de prendre le leadership et ses responsabilités pour confronter le dirigeant turc à ses propres menaces. Je veillerai à ce que le prochain Président de la République française respecte cet engagement.

Le prochain Président de la République et l’Union européenne devront s’entendre avec la Turquie car ce sont nos voisins et nos alliés. Mais chacun doit savoir rester à sa place et à son niveau, sans arrogance, sans prétention, sans brutalité, mais avec bon sens.

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