Agriculture : stop à la démagogie, la France a besoin d’une vision ambitieuse !

Agriculture : stop à la démagogie, la France a besoin d’une vision ambitieuse !

Depuis quelques jours, Marine le Pen n’a de cesse de dénoncer « la volonté de l’Union européenne, de tuer le modèle agricole français ». Selon Madame Le Pen, qui utilise son traditionnel « C’est la faute à Bruxelles », la seule solution pour sauver l’agriculture française serait de franciser les aides européennes de la PAC pour retrouver une souveraineté dans notre politique agricole.

Ce positionnement est révélateur de la démagogie du projet du Front national qui décide de s’intéresser soudainement à la cause agricole à l’occasion du Salon de l’agriculture.

Si notre agriculture connait des difficultés, c’est loin d’être le résultat d’une volonté meurtrière européenne. Au contraire, ces difficultés sont la conséquence directe d’un problème structurel franco-français car jamais l’agriculture européenne ne s’est aussi bien exportée.

Comment expliquer d’un côté les 18,8 milliards d’euros d’excédents réalisés dans l’Union en 2016 grâce à nos exportations agroalimentaires et de l’autre côté l’incapacité des pouvoirs publics français à faire parvenir la totalité de leurs aides 2016 aux agriculteurs ? Ce n’est pas la faute de l’Europe si le ministère de l’Agriculture ne respecte pas le calendrier de paiements pour les viticulteurs, les riziculteurs, les éleveurs ovins, et toutes les professions du secteur.

La réalité est que l’État est défaillant. Si nous voulons sauver nos agriculteurs, ce n’est pas avec des déclarations populistes et europhobes qui ne font que masquer l’incompétence de Marine Le Pen, que nous y arriverons. Notre agriculture dépend de notre capacité à mener une politique ambitieuse. Et cette ambition passe par l’Europe qui aujourd’hui consacre 40% de son budget à la politique agricole commune en en faisant sa priorité avec la politique de cohésion.

Pourtant que propose le FN ?

Sortir de l’Europe et fermer tout le marché européen à nos agriculteurs qui n’ont absolument pas besoin qu’on leur réduise encore davantage leur secteur d’activité.

Sortir de l’euro alors qu’un agriculteur sur deux gagne moins de 350€ par mois, et que celle-ci entrainera une dévaluation immédiate de notre monnaie d’environ 30%. À la sortie, ce sont nos agriculteurs qui paieront l’addition en ne gagnant plus que 250€ par mois.

Le Front national prétend qu’il est possible de lutter contre la concurrence déloyale tout en isolant la France du reste de l’Europe. Or, si nous souhaitons pouvoir défendre les intérêts français, promouvoir notre savoir-faire, soutenir nos labels et nos marques à travers le monde, favoriser l’émergence d’une technologie agricole française, nous ne pourrons le faire qu’à la tête de l’Europe. En faisant justement en sorte que les exigences techniques et qualitatives françaises puissent s’appliquer sur l’ensemble du territoire européen !

Car la question agricole est un enjeu stratégique en Europe et un enjeu de souveraineté. Mais notre modèle agricole actuel est dépassé et le soutien européen n’en devient pas moins indispensable.

Il faut donc une refonte totale de la PAC. Celle-ci ne peut plus être une perfusion financière maintenant en vie une agriculture française au bord du coma. La PAC doit être le partenaire de nos exploitations pour les protéger contre les aléas du marché. Si nous sommes le premier exportateur mondial de vins et de spiritueux, nous avons un secteur bovin sensible qui doit être protégé. C’était tout le sens de l’accord de libre-échange avec le Canada que j’ai voté au Parlement européen. D’un côté, encourager l’accès de notre agriculture de qualité à de nouveaux marchés ; et de l’autre protéger le savoir-faire de nos terroirs. L’huile de Haute-Provence, le Cognac ou le reblochon de Savoie s’exporteront demain mieux que jamais.

Mais il faut une refonte de la politique européenne accompagnée d’une véritable rupture sur le plan national. Notre agriculture ne pourra pas survivre éternellement grâce à des aides financières. Nous devons favoriser les investissements de nos agriculteurs tout en réduisant les risques qu’ils encourent en incitant les circuits courts, non pas parce que c’est écologique, mais parce que ça arrange le producteur et le consommateur. La qualité de la viande qui atterrit sur nos assiettes n’y survivra sinon pas.

Et cela passera nécessairement par une réduction des charges qui pèsent sur les producteurs, ainsi qu’une suppression de la TVA pour récompenser ceux qui produisent de la valeur pour le consommateur.

Si demain le programme agricole du FN était appliqué, ce sont 9 milliards d’euros par an que perdraient les Français, alors même que le budget annuel du Ministère de l’Agriculture s’élève à seulement 5,12 Milliards d’euros...

Notre objectif in fine est de faire de l’agriculture française un modèle européen en matière d’innovation, d’équipement, de production, de savoir-faire et de qualité tout en conservant notre identité.

C’est ce que nous ambitionnons avec Christian ESTROSI en Provence-Alpes-Côte d’Azur où nous avons lancé un plan de recherche agricole à hauteur de 1 Millions d’euros par an. Comme depuis toujours, le Front national commente, nous agissons.

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